THERAPIE BREVE TCC

A cette étape de la méthode vous êtes de nouveau pris en charge par un autre thérapeute spécialisé en TCC qui adapte la thérapie brève préconisée par la session précédente. Les thérapies comportementales font partie des techniques les plus efficaces pour lutter contre les phobies.

Une fois que vous avez déterminé l’origine de vos peurs et compris comment elles se mettent en place et se renforcent, vous allez travailler sur le comportement inconscient que vous avez lorsque vous êtes exposé à celles-ci. En fait, vous avez « appris » un comportement malsain et vous allez le désapprendre.

Vous allez reprogrammer vos habitudes de réactions inconscientes en remplaçant votre comportement actuel par un nouveau plus sain.

Comment je change de comportement ?

On ne parle pas de devenir quelqu’un d’autre, on parle juste de changer de comportement.

1- L’émotion

Tout passe d’abord par l’émotion, ce que nous appelons chez Theraphobia, le thermomètre émotionnel. Lorsque vous faite une attaque de panique, votre charge émotive est très élevée (augmentation du rythme cardiaque, sudation, tête vide, tremblement etc… malheureusement vous connaissez très bien ces symptômes), mais on peut dans un premier temps la régulée. Quand vous avez peur en général, vous hyper-ventilez un max (vous inspirez trop) ou vous ne respirez pas du tout, donc de simples techniques de contrôle respiratoire associées à de la relaxation suffisent déjà à calmer l’histoire. La Sophrologie, par exemple, en est une.

Mais le meilleur est à venir.

L’objectif de Theraphobia n’est pas de seulement réguler vos attaques de panique mais surtout de les empêcher d’exister.

Vous apprendrez à gérer vos émotions grâce à vos émotions.

theraphobia-confus

En 1950 Joseph Wolpe à démontrer que le cerveau ne peut ressentir 2 émotions en même temps, de la même façon que vous ne pouvez pas marcher et courir en même temps. Si on associe cette approche aux peurs, on ne peut pas être paniquer et détendu au même instant, c’est mécanique. On appelle cela l’inhibition réciproque.

Intéressant, mais comment me détendre si j’ai peur ?

Rassurez-vous, on ne va pas vous mettre directement devant votre peur et vous dire : « Maintenant détends toi ! » ce serait, bien-sûr, impossible et même dangereux car vous risquez d’être traumatisé et le travail sera dans ce cas moins rapide. Non, pour vous détendre quand vous avez peur, il faut associer la détente et la sécurité à la situation qui pose problème. On va apprendre graduellement à votre inconscient, et donc à votre corps, à reprogrammer son comportement physiologique appris face à une même situation qui provoque l’anxiété.

C’est ce qu’on appelle une Désensibilisation Systématique

Les grandes lignes c’est quoi ? 

Vous définissez avec le thérapeute les situations qui vous font peur, et vous notez le niveau d’anxiété associé de 0 à 100 (thermomètre émotionnel).
Exemple :

SITUATION ANXIÉTÉ
Prendre le métro accompagné(e) à l’heure creuse  40 thermometre-3
Prendre le métro accompagné(e) à l’heure de pointe  60thermometre-3
Prendre le métro seul(e) à heure creuse  65thermometre-3
Prendre le métro seul(e) à l’heure de pointe  85thermometre-3
Parler assis(e) devant 20 personnes  25thermometre-3
Parler debout devant 50 personnes  50thermometre-3
Monter sur scène seul(e) devant 1000 personnes  99thermometre-3


2- La visualisation

Ensuite, le praticien Theraphobia, vous met dans un état de relaxation (ou pas, selon les outils préconisés), puis dès que vous êtes dans un état suffisamment détendu et réceptif, il vous expose visuellement (photos / images / vidéos) et par imagerie mentale (visualisation) à la première situation anxiogène qui provoque une anxiété légère. Si vous n’êtes toujours pas détendu, il recommence le processus jusqu’à ce que vous soyez détendu et rassuré en vous imaginant dans cette situation.
Seulement, et seulement si vous validez la première situation, vous passez à la suivante et ainsi de suite.

Imaginez votre vie si vous êtes détendu dans une situation qui vous faisait peur par le passé.

detendu-theraphobia

attention-theraphobiaL’objectif n’est pas d’arriver à 0 !
Le but de cette désensibilisation n’est pas de vous rendre insensible à toutes les situations (vous n’êtes pas un robot) mais simplement de rendre supportable l’exposition à certaines situations qui vous faisais paniquer.

De quels outils disposent les thérapeutes pour cette pratique ?

  • Sophrologie
  • Hypnose Ericksonienne

theraphobia-pensif« Ohlala ! sérieux l’hypnose, mais c’est dangereux, je veux pas me faire manipuler moi et rentrer en transe et tout ça … »
Stop ! ce n’est pas de l’hypnose spectacle, ce n’est pas ésotérique, donc lâchez prise. On parle simplement d’hypnose thérapeutique dans laquelle vous visualisez les situations anxiogènes puis vous vous dissociez de celle-ci. C’est la méthode d’hypnose par dissociation, mais il en existe beaucoup d’autres.

  • Technique de l’immersion
  • EMDR / IMO (mouvements oculaires)
  • EFT
  • TIPI
  • Etc… d’autres outils restent à venir.

3- L’Ancrage

Le but de cette thérapie brève est ensuite de créer un ancrage positif de bien être, de force et de sécurité.
En effet, à chaque fois que vous allez vous sentir détendu, serein et confiant(e) en visualisant votre ancienne phobie, le praticien vous demandera, pendant la séance, de créer un geste précis (toujours le même) qui deviendra une habitude de sécurité pour votre cerveau. Ce simple geste (serrer le poing droit / se pincer le pouce et l’index / se toucher le nez … peu importe) répété lors des séances, est un signal appris par votre comportement émotif qui indique que vous êtes à l’aise (ou OK) avec cette situation maintenant.

Ainsi, il vous suffit de répéter ce geste avant de vous exposer à la situation qui vous faisais peur.

Par exemple je serre le poing droit comme geste d’ancrage :

SITUATION ANXIÉTÉ ANCRAGE HABITUDE
Prendre le métro accompagné(e) à l’heure creuse  40  10  0
Prendre le métro accompagné(e) à l’heure de pointe  60  20  0
Prendre le métro seul(e) à heure creuse  65  20  5
Prendre le métro seul(e) à l’heure de pointe  85  35  10
Parler assis(e) devant 20 personnes  25  5  0
Parler debout devant 50 personnes  50  15  5
Monter sur scène seul(e) devant 1000 personnes  99  40  15


Mais en faisant ces ancrages, un artiste est détendu avant de monter sur scène ?

Le principe des ancrages est très connu et pratiqué par les sportifs et les artistes. Vous remarquerez que les joueurs de tennis par exemple répètent toujours les mêmes gestes avant de servir ou de recevoir la balle. Le joueur s’essuie le front avant un point important alors qu’il ne transpire pas, ou remonte la manche du bras qui va servir à chaque fois. De même les artistes, avant de monter sur scène on toujours les même rituels (sauter sur place, se taper sur la poitrine etc.). Ces gestes sont des ancrages positifs.

Il ne faut pas mélanger la peur, le stress et le trac, il est évident que les personnes même expérimentées ont le trac avant de monter sur scène, cette sensation est un stress de performance et non une peur handicapante. Le trac est une forme de peur de l’échec mais surtout l’envie de bien faire, le trac est bénéfique c’est un bon stress si on sait l’utiliser. La différence importante est que cette sensation ne dure pas contrairement à la peur et la phobie, une fois la prestation réalisée l’artiste n’a plus le trac, c’est une émotion ponctuelle.

Même après avoir travaillé sur la phobie, on peut ressentir un léger stress avant de s’exposer à quelque chose qui nous fait peur, c’est à dire ne pas être détendu à 100 % mais à 80 %. C’est une peur résiduelle reptilienne, il n’est pas naturel pour un homme préhistorique de prendre le métro avec plein de monde ou de parler en public. La différence c’est qu’avec un léger stress ou une petite peur avec une intensité émotive faible, on passe quand même à l’action, on vit, contrairement à la phobie.

N’oubliez pas que la peur est une alliée, c’est le signal qu’il se passe quelque chose d’inhabituelle, donc vous mobilisez vos ressources pour y faire face. La peur peut vous sauvez, le but de Theraphobia n’est pas de l’éliminer ou de l’ignorer, c’est de la rendre simplement rationnelle pour vivre librement.

A cette étape de la méthode, grâce à votre travail avec les outils des Thérapies Comportementales Cognitives, vous pouvez envisager de vous exposez. C’est suite à vos échanges avec le praticien que vous validez le passage à l’étape suivante de Theraphobia.