WIKIPHOBIA

Une Phobie c’est quoi ?

Pour Wikipédia
« Une phobie (du grec ancien φόβος / phóbos, frayeur ou crainte) est une peur démesurée d’un objet ou d’une situation précise, par exemple l’hydrophobie (peur de l’eau), l’agoraphobie(peur des lieux publics), la claustrophobie (peur des lieux clos), l’arachnophobie (peur des araignées). En psychanalyse et psychiatrie, il s’agit plus précisément d’une crainte déraisonnable dont la personne reconnait le caractère injustifié et dont elle souffre.»

Pour le Larousse
« Crainte angoissante et injustifiée d’une situation, d’un objet ou de l’accomplissement d’une action.»

Autres sources
« Aversion très vive, irraisonnée ou peur instinctive »
« Symptôme prévalent des névroses obsessionnelles, caractérisé par une réaction d’angoisse ou une répulsion ressentie devant le même objet, la même personne ou une situation bien déterminée »

On trouve différentes définitions de la Phobie, mais allons rapidement plus loin.

Quelle est la différence entre la peur et la phobie ?

La peur est une amie, elle est importante pour ma survie, elle me signale qu’il se passe quelque chose de potentiellement dangereux et qu’il faut réagir « tout de suite ». C’est une peur instinctive « logique » et « rationnelle ». Quand j’ai peur, l’amygdale de mon cerveau envoie un signal à ma glande surrénale et ma physiologie se modifie instantanément :

  • Adrénaline (l’hormone de la peur)
  • Accélération du rythme cardiaque
  • Muscles se tendent et sont prêt au combat
  • Respiration courte
  • Attention focalisée uniquement sur le danger ou la situation
  • Tremblement
  • Transpiration
  • Teint pâle
  • Chair de poule

Très bien, dans ce cas, quelle est la différence avec une Phobie ?
2 points sont importants: l’irrationalité et la charge émotionnelle.

charge-emotionnelle-theraphobia

La phobie est une peur irrationnelle exacerbée avec une charge émotive maximale qui gâche la vie au quotidien et pour laquelle le sujet adopte des conduites d’évitement.

C’est quoi une peur irrationnelle ?

C’est une peur qui n’induit pas un danger réel mais qui fait peur quand même.
C’est la peur d’avoir peur.
C’est la peur d’être confronter à un objet ou une situation qui fait peur pour le sujet mais pas pour la plupart des autres personnes.
C’est une peur qui met mal à l’aise car le sujet sait qu’elle n’est pas du tout logique et raisonnable, comme un fumeur qui sait que fumer n’est pas bon pour sa santé mais c’est plus fort que lui.
C’est une peur qui déclenche un sentiment de culpabilité.

La phobie est également une peur dont la charge émotionnelle est tellement élevée (au même niveau parfois que la peur de mourir) que le sujet à lui-même peur de ressentir cette émotion et donc de s’exposer, ce qui induit une conduite d’évitement qui renforce et donne encore plus de valeur à la phobie.

2 exemples simples de mise en situation :

Je suis attaqué par 2 chiens de combat sans laisse qui courent vers moi en aboyant.

Rationalité : « Mon intégrité physique est réellement compromise si je ne fais rien, je suis en danger de mort. Vu la taille de ces chiens, ils vont faire qu’une bouché de moi, en plus il n’y a pas de maître ».
Physiologie : Mon amygdale envoie l’information à mes glandes surrénales qui créer de l’adrénaline et les muscles de mes jambes sont prêt à courir vite (très vite).
Action : « Je me sauve, je cours à toute vitesse vers l’endroit le plus sûr, je n’ai jamais couru aussi vite de ma vie »
Physiologie après l’exposition : « Ouf ! j’ai faillis y passer j’ai les jambes en coton maintenant »

Mise en situation d’un sujet phobique des chiens (sujet à la Cynophobie) :

Je croise dans la rue un chien en laisse avec son maître qui me regarde.

Rationalité: « Ça y est c’est fini ! il m’a repéré, il va pousser son maître, se libérer de sa laisse et me sauter dessus pour mordre jusqu’à la mort, en plus il a senti que j’ai peur, je suis foutu(e) ».
Physiologie: Mon amygdale envoie l’information à mes glandes surrénales qu’il y a un danger imminent de mort qui créer de l’adrénaline et les muscles de mes jambes sont tellement tendu (charge émotive maximum) que je ne peux plus bouger, mon rythme cardiaque accélère tellement que je l’entends dans ma tête, ma respiration est courte, je suis presque en apnée (hyperventilation).
Action: « Je ne bouge plus et j’attends qu’il passe sans le regarder ou si j’ai le temps et que j’arrive à bouger, je change de trottoir (conduite d’évitement) ».
Physiologie après l’exposition: « Je transpire encore, j’ai un peu de mal à respirer mais ça revient, je suis très fatigué(e) ».
Prise de conscience: « J’ai l’impression que le maître du chien à capter que j’avais peur, au final il s’est rien passé mais c’est plus fort que moi, je suis ridicule, j’en ai marre, je veux plus revivre ça, j’éviterais tous les chiens ».

Plus atypique encore :

Je suis dans une maison qui prends feu.

Rationalité: « J’ai peur, je vais mourir brûlé si je n’agis pas »
Physiologie: Mon amygdale envoie l’information à mes glandes surrénales qui créer de l’adrénaline et les muscles de mon corps sont tendus puissant, prêt à agir vite, ma force est décuplée (je peux casser une porte s’il le faut).
Action: « Je me sauve, je sors immédiatement de la maison ».
Physiologie après l’exposition: « Ouf ! j’ai faillis y passer je tremble de partout, j’ai envie de pleurer ».

Mise en situation d’un sujet phobique du feu (sujet à la Pyrophobie):

Mon frère allume un feu de cheminée avec du papier journal.

Rationalité: « Non mais sérieux ! si il ‘y a un courant d’air, la braise bien rouge va s’envoler vers le rideau qui est près du canapé inflammable sur lequel je suis assis, mes vêtements vont prendre feu et je vais mourir brûler vif dans d’atroces souffrances ».
Physiologie: Mon amygdale envoie l’information à mes glandes surrénales qu’il y a un danger imminent de mort qui créer de l’adrénaline et les muscles de mes jambes sont prêt à courir vite (très vite) mais ce signale est tellement puissant (charge émotive maximum) que j’ai l’impression que je vais m’évanouir, et je me rends compte que mes jambes sont paralysées.
Action: « Je trouve une excuse, je me sauve, je sors vite et tant bien que mal de chez lui avant l’incendie ».
Physiologie après l’exposition: « Ouf ! j’ai tout mon corps qui se relâche, la tête vide, je suis loin de la maison de mon frère en sécurité maintenant ».
Prise de conscience: « Je crois que mon frère à capter que je suis parti pour ça, que va t’il penser de moi maintenant, il m’invitera plus, je suis ridicule, j’en ai marre. »

D’un point de vue de la Psychanalyse:
Les analystes définissent, en général, la phobie comme une peur excessive qui a son origine dans une série complexe de situations et de rapports, et qui conduit à l’hostilité, à une agressivité refoulée ou à un sentiment de culpabilité très intense. Ces sentiments enfouis s’expriment plus tard sous la forme d’une peur intense et en apparence irrationnelle des lieux clos ou élevés, des chats, des orages, ou de quelque autre parmi la quasi-infinité des objets possibles de phobie, l’objet choisi ayant un rapport direct ou indirect avec l’un des événements qui est à la base du déclenchement.

Autres choses à savoir, une personne phobique sait qu’elle est phobique et elle sait encore plus que sa peur n’est pas logique et complètement irrationnelle. Pour l’entourage, la compréhension n’est pas toujours au rendez-vous. En effet, il est difficile, par définition, de comprendre quelqu’un qui n’est pas « rationnel ». Ainsi, la prise en charge et la désensibilisation d’une personne ayant des peurs excessives et des phobies doit se faire délicatement en suivant un protocole bien précis afin d’éviter toute forme de traumatisme.

C’est donc tout le travail de Theraphobia.

Source:
CNRTL (centre nationale de ressources textuelles et lexicales)
Wikipedia.org
Neuroplasticite.com
Docteurclic.com

Jonathan Assouline

A voir également:
CLASSIFICATION DES PHOBIES
CLASSIFICATION DES MÉTHODES